Rendons à Gabriel…

C’est Gabriel DARDAUD (1899-1993), directeur de l’agence France-Presse (AFP) pour le Moyen-Orient de 1940 à 1944 qui par hasard déterre au Caire l’histoire rocambolesque de la première girafe de France. Seuls quelques archivistes, conservateurs de musée ou collectionneurs privés avaient conservé des traces du passage de la belle géante au début du XIXe siècle.

Dardaud se passionne tant pour cette histoire qu’il compile les sources et collectionne les reliques. En 1956, il est expulsé d’Égypte après l’attaque de Port-Saïd et du canal de Suez par les forces franco-britanniques. Il reprend aussitôt son poste à l’AFP, mais cette fois à Beyrouth. Puis, correspondant pour France-Soir et Europe 1, il devient l’une des grandes voix pour la couverture de la longue crise libanaise.

En 1984, Dardaud aide le musée de l’Île-de-France, installé au château de Sceaux, à monter la première grande exposition sur le sujet. L’année suivante, après 57 ans passés au Moyen et Proche-Orient, quitte le Liban suite à la mise à sac de son appartement par une milice d’intégristes musulmans, et s’installe à Paris. De retour en France, il donne des conférences sur Zarafa.

Dardaud finit par trousser un ouvrage de référence, aujourd’hui épuisé, qui reste un bijou d’érudition et d’humour : Une Girafe pour le roi (Dumerchez-Naoum, 1992). À sa mort, l’année suivante, il lègue au Musée de Sceaux l’essentiel de sa collection d’objets et images consacrée à la girafe de France.

Son ouvrage est réédité en 2007 par les éditions Elytis, augmenté d’une préface et d’annotations par Olivier Lebleu.

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